La SAS : Guide Complet 2025
Tout comprendre sur la Société par Actions Simplifiée pour entreprendre à plusieurs en toute sérénité
La SAS (Société par Actions Simplifiée) est devenue LA forme juridique préférée des entrepreneurs français qui se lancent à plusieurs. Plébiscitée pour sa flexibilité exceptionnelle, sa gouvernance sur-mesure et sa capacité à accompagner la croissance des projets innovants, elle séduit aussi bien les startups technologiques que les entreprises familiales. Ce guide complet vous dévoile tous les secrets de la SAS pour réussir votre aventure entrepreneuriale collective.
Qu'est-ce qu'une SAS ?
La SAS (Société par Actions Simplifiée) est une forme juridique de société commerciale qui se distingue par sa grande souplesse d'organisation et sa capacité d'adaptation aux besoins spécifiques des associés. Créée en 1994 puis largement assouplie en 1999, elle est devenue le statut le plus prisé pour entreprendre à plusieurs en France.
Définition et caractéristiques principales
La SAS est une société de capitaux qui permet à deux associés minimum (personnes physiques ou morales) de s'associer pour développer une activité commerciale. Il n'y a pas de maximum d'associés : vous pouvez être 2, 10, 50 ou même 100 associés dans une SAS.
Contrairement à la SARL qui est très encadrée par la loi, la SAS offre une liberté statutaire quasi-totale. Les associés définissent librement dans les statuts les règles de fonctionnement de leur société : répartition des pouvoirs, modalités de décision, conditions de cession des actions, etc.
💡 SAS vs SASU : quelle différence ?
La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est simplement une SAS avec un seul associé. Les règles de fonctionnement sont identiques, seul le nombre d'associés change. Dès qu'un second associé entre dans une SASU, elle devient automatiquement une SAS.
Les points clés qui définissent la SAS
- Minimum 2 associés : Personnes physiques ou morales, résidentes en France ou à l'étranger. Pas de maximum.
- Responsabilité limitée aux apports : Le patrimoine personnel des associés est protégé (sauf faute de gestion).
- Président obligatoire : Personne physique ou morale, associé ou tiers, qui représente légalement la société.
- Grande flexibilité statutaire : Organisation sur-mesure définie dans les statuts selon les besoins du projet.
- Régime social du président : Assimilé salarié (régime général de la Sécurité sociale).
- Capital social libre : Minimum légal de 1€, mais 5 000€ à 10 000€ recommandés pour la crédibilité.
- Fiscalité à l'IS par défaut : Impôt sur les sociétés, avec possibilité temporaire d'opter pour l'IR sous conditions.
- Cession d'actions facilitée : Plus simple et moins taxée que dans une SARL.
📖 Exemple concret : Création de "Tech Innov SAS"
Situation : Thomas (développeur), Marie (designer) et Lucas (commercial) souhaitent créer une agence digitale ensemble. Ils hésitent entre SARL et SAS.
Leur choix : la SAS, voici pourquoi :
- Répartition du capital : Thomas 40%, Marie 30%, Lucas 30%
- Organisation : Ils nomment Thomas président, mais définissent dans les statuts que les décisions stratégiques (levée de fonds, embauche, investissements > 10 000€) nécessitent l'accord des 3 associés
- Évolution : Ils prévoient dans les statuts la possibilité d'accueillir des investisseurs dans 2-3 ans
- Protection : Clause d'agrément stricte : tout candidat acheteur d'actions doit être approuvé à l'unanimité
- Rémunération : Thomas se verse un salaire en tant que président, les deux autres sont associés non-salariés et perçoivent des dividendes
Résultat : La flexibilité de la SAS leur permet d'adapter parfaitement la gouvernance à leur situation, ce qui aurait été plus rigide en SARL.
SAS vs SARL : le match des statuts pluripersonnels
Vous êtes plusieurs à vouloir vous lancer ? La SAS et la SARL sont les deux formes juridiques principales qui s'offrent à vous. Voici un comparatif détaillé pour vous aider à choisir.
| Critère | SAS | SARL |
|---|---|---|
| Nombre d'associés | 2 minimum, pas de maximum | 2 minimum, 100 maximum |
| Dirigeant | Président (libre choix : associé ou tiers) | Gérant(s) obligatoirement associé(s) |
| Statut social du dirigeant | Assimilé salarié (régime général) | Gérant majoritaire : TNS / Gérant minoritaire : assimilé salarié |
| Charges sociales dirigeant | ~65% du salaire net | ~45% (TNS) ou ~65% (minoritaire) |
| Flexibilité des statuts | Très grande liberté d'organisation | Encadré par la loi, moins flexible |
| Prises de décisions | Définies librement dans les statuts | Réglementées par le Code de commerce |
| Cession de titres | Cession d'actions (simple, droits 0,1%) | Cession de parts sociales (plus complexe, droits 3%) |
| Fiscalité des dividendes | Flat tax 30% ou barème IR | Flat tax 30% + charges sociales sur part > 10% du capital (gérant majoritaire) |
| Levée de fonds | Très adaptée (favorisée par les investisseurs) | Moins adaptée (structure moins attractive) |
| Image professionnelle | Moderne, dynamique, innovante | Traditionnelle, rassurante |
| Commissaire aux comptes | Obligatoire au-delà de certains seuils | Obligatoire au-delà de certains seuils |
| Coût de création | 800€ à 3 000€ | 800€ à 3 000€ (similaire) |
📖 SAS ou SARL : Quel choix pour Pierre et Sophie ?
Contexte : Pierre et Sophie, un couple d'entrepreneurs, veulent créer une boutique e-commerce de produits bio. Pierre détient 60% et Sophie 40%.
Option 1 - SARL :
- Pierre est gérant majoritaire → statut TNS avec charges sociales à ~45%
- Décisions importantes nécessitent une majorité des 2/3 (cadre légal strict)
- Si un jour ils veulent céder l'entreprise : droits d'enregistrement de 3% sur les parts
- Image traditionnelle rassurante pour les fournisseurs agricoles
Option 2 - SAS :
- Pierre est président → statut assimilé salarié avec charges à ~65% mais meilleure protection sociale
- Ils peuvent définir dans les statuts que TOUTES les décisions importantes nécessitent l'accord unanime (même si Pierre est majoritaire)
- Cession future facilitée avec seulement 0,1% de droits d'enregistrement
- Possibilité d'accueillir facilement des investisseurs si besoin de financement pour l'expansion
Leur choix : Ils optent pour la SAS car ils prévoient de lever des fonds dans 3 ans pour ouvrir des boutiques physiques, et Sophie souhaite que les décisions importantes soient prises à l'unanimité malgré sa participation minoritaire. La flexibilité statutaire de la SAS répond parfaitement à leurs besoins.
Quand choisir la SAS plutôt que la SARL ?
✅ La SAS est recommandée si :
- Vous prévoyez une levée de fonds future (les investisseurs préfèrent largement la SAS)
- Vous souhaitez une organisation sur-mesure adaptée à votre projet spécifique
- Vous envisagez de faire entrer et sortir des associés régulièrement
- Vous voulez une image moderne et innovante (secteur tech, startup, digital...)
- Vous privilégiez la protection sociale du président (régime général)
- Vous avez un projet à fort potentiel de croissance
⚠️ La SARL peut être préférable si :
- Vous êtes dans un secteur traditionnel (commerce, artisanat, BTP...)
- Vous voulez minimiser les charges sociales du gérant (statut TNS moins coûteux)
- Vous préférez un cadre légal strict et sécurisant plutôt qu'une grande liberté statutaire
- Vous ne prévoyez aucune évolution du capital (pas d'entrée/sortie d'associés)
- Vous voulez un statut éprouvé et traditionnel rassurant pour certains partenaires
Les avantages et inconvénients de la SAS
La SAS présente de nombreux atouts qui expliquent son succès fulgurant, mais elle comporte aussi certaines contraintes à bien mesurer.
✅ Les avantages majeurs
- Flexibilité statutaire exceptionnelle : Vous définissez librement les règles de gouvernance, les modalités de décision, la répartition des pouvoirs.
- Protection du patrimoine personnel : Responsabilité limitée aux apports pour tous les associés.
- Régime social favorable du président : Assimilé salarié = protection sociale complète du régime général.
- Facilité de levée de fonds : Structure très appréciée des investisseurs et business angels.
- Cession d'actions simplifiée : Droits d'enregistrement à 0,1% (vs 3% en SARL), processus plus fluide.
- Image moderne et dynamique : Particulièrement adaptée aux startups et entreprises innovantes.
- Possibilité d'actions de préférence : Créer différentes catégories d'actions avec droits spécifiques (vote multiple, dividende prioritaire...).
- Gouvernance évolutive : Statuts adaptables facilement aux changements (nouveaux associés, croissance...).
- Pas de capital maximum : Contrairement à la SARL, aucune limite pour augmenter le capital.
- Optimisation fiscale possible : Mix salaire/dividendes pour le président, dividendes sans charges sociales pour les autres associés.
⚠️ Les inconvénients à considérer
- Charges sociales élevées : ~65% sur le salaire du président (vs ~45% pour un gérant TNS de SARL).
- Rédaction des statuts complexe : La liberté statutaire nécessite une rédaction précise et professionnelle (coût : 1 000€ à 3 000€).
- Comptabilité obligatoire et rigoureuse : Expert-comptable quasi indispensable (1 500€ à 4 000€/an).
- Pas d'assurance chômage : Le président assimilé salarié ne cotise pas au Pôle Emploi.
- Formalisme plus lourd que la micro-entreprise : AG annuelle obligatoire, PV à rédiger, dépôt des comptes...
- Risques de conflits entre associés : Si les statuts et le pacte d'associés sont mal rédigés.
- Coûts de fonctionnement annuels : Expert-comptable + greffe + assurances = budget minimum 2 000€/an.
- Nécessité d'un pacte d'associés : Document essentiel mais coûteux (500€ à 2 000€).
📖 Cas concret : L'aventure de "FitApp SAS"
Contexte : Laura (coach sportive) et Mehdi (développeur) créent une application de fitness. Capital : 10 000€ répartis 50/50.
Avantages qu'ils exploitent :
- Grâce à la flexibilité de la SAS, ils définissent dans les statuts que toutes les décisions stratégiques nécessitent l'unanimité (même avec 50/50)
- Après 18 mois, ils lèvent 200 000€ auprès de 2 business angels qui entrent au capital. La SAS facilite grandement cette opération
- Ils créent des actions de préférence pour les investisseurs (dividende prioritaire) tout en gardant le contrôle des décisions
- Laura devient présidente salariée → excellent régime social pendant qu'elle développe l'entreprise
Inconvénients rencontrés :
- Les charges sociales de Laura sont lourdes : sur 3 000€ nets mensuels, la société paie ~5 000€ (charges incluses)
- Le pacte d'associés leur a coûté 1 500€ chez l'avocat, mais il était indispensable pour sécuriser la relation
- L'expert-comptable leur coûte 250€/mois (3 000€/an)
Bilan après 3 ans : Malgré les coûts, la SAS était le bon choix pour eux. La flexibilité et la facilité de levée de fonds ont été déterminantes. Ils n'auraient pas pu structurer aussi facilement leur opération en SARL.
Créer une SAS : guide complet étape par étape
La création d'une SAS nécessite de suivre un processus structuré. Voici toutes les étapes détaillées pour créer votre société dans les meilleures conditions.
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Validation du projet et répartition du capital
Avant toute démarche, réunissez-vous entre associés pour :
- Valider la viabilité économique du projet (étude de marché, business plan)
- Définir la répartition du capital entre associés (proportionnelle aux apports ou selon d'autres critères)
- Déterminer les apports de chacun : apports en numéraire (argent), en nature (matériel, brevet...) ou en industrie (savoir-faire)
- Fixer le montant du capital social (recommandé : 5 000€ à 20 000€ minimum)
- Désigner le futur président de la SAS
💡 Conseil crucial : le pacte d'associés
Dès cette étape, discutez des points sensibles : Qui prend les décisions ? Comment gérer les désaccords ? Que se passe-t-il si un associé veut partir ? Ces discussions doivent être formalisées dans un pacte d'associés (document distinct des statuts).
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Choix du nom et vérification de disponibilité
Choisissez la dénomination sociale de votre SAS. Vérifiez sa disponibilité sur le site de l'INPI (bases de données des marques et sociétés). Vérifiez également la disponibilité du nom de domaine (.fr, .com).
Conseil : Protégez votre nom en déposant une marque à l'INPI (coût : ~250€). C'est un investissement qui sécurise votre identité commerciale.
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Rédaction des statuts (étape cruciale !)
Les statuts de la SAS sont le document le plus important de votre société. Contrairement à la SARL, vous avez une grande liberté pour les rédiger. Ils doivent obligatoirement contenir :
Mentions obligatoires :
- Forme juridique (SAS)
- Dénomination sociale
- Siège social (adresse complète)
- Objet social (description de l'activité)
- Durée de la société (max 99 ans)
- Montant du capital social et répartition entre associés
- Apports de chaque associé (numéraire, nature...)
- Modalités de fonctionnement et de direction
- Conditions d'admission aux assemblées
- Modalités d'exercice du droit de vote
- Organes de direction (président, éventuel directeur général...)
Clauses recommandées (spécificité SAS) :
- Clause d'agrément : Soumettre toute cession d'actions à l'approbation des autres associés
- Clause d'inaliénabilité : Interdire la cession d'actions pendant X années
- Clause de préemption : Donner aux associés existants un droit de priorité sur les actions à vendre
- Clause d'exclusion : Prévoir les conditions de sortie forcée d'un associé
- Actions de préférence : Créer des catégories d'actions avec droits différents
Options de rédaction :
- Modèle en ligne : Gratuit mais générique et risqué (0€)
- Expert-comptable : Statuts adaptés à votre activité (600€ à 1 500€)
- Avocat spécialisé : Statuts sur-mesure avec conseil juridique approfondi (1 500€ à 3 500€) - RECOMMANDÉ pour la SAS
- Plateforme juridique : Compromis qualité/prix avec assistance (300€ à 800€)
⚠️ Ne négligez pas les statuts !
Des statuts mal rédigés peuvent coûter très cher en cas de conflit entre associés. Investir 2 000€ dans des statuts solides rédigés par un avocat peut vous éviter des dizaines de milliers d'euros de litiges futurs. La SAS étant très libre, les statuts sont votre seule protection.
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Rédaction du pacte d'associés (fortement recommandé)
Le pacte d'associés est un contrat privé entre associés qui complète les statuts. Il n'est pas obligatoire mais VIVEMENT CONSEILLÉ en SAS. Il permet de régler les points sensibles :
- Répartition précise des rôles et responsabilités
- Modalités de prise de décision au quotidien
- Clauses de sortie (buy or sell, liquidité...)
- Mécanismes anti-dilution
- Conditions de cession des actions
- Résolution des conflits (médiation, arbitrage...)
- Clauses de non-concurrence
Coût : 500€ à 2 000€ chez un avocat. C'est un investissement indispensable pour sécuriser la relation entre associés.
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Dépôt du capital social
Les associés qui font des apports en numéraire (argent) doivent déposer les fonds :
- Auprès d'une banque (compte bloqué)
- Chez un notaire
- À la Caisse des Dépôts et Consignations
Vous recevez une attestation de dépôt des fonds. Le capital sera débloqué après l'immatriculation de la SAS.
Important : Vous devez libérer au minimum 50% du capital à la création. Le solde peut être libéré dans les 5 ans.
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Évaluation des apports en nature (si applicable)
Si un associé apporte un bien (véhicule, matériel, brevet, marque, local...), cet apport doit être évalué. En SAS, vous devez nommer un commissaire aux apports (sauf unanimité des associés pour y renoncer et si apport < 30 000€ ou < 50% du capital).
Coût : 500€ à 3 000€ selon la complexité de l'évaluation.
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Nomination des organes de direction
Désignez formellement le président de la SAS (obligatoire). Vous pouvez également nommer :
- Un ou plusieurs directeurs généraux (facultatif)
- Un conseil d'administration ou conseil de surveillance (facultatif)
- Des comités spécialisés (comité d'audit, comité stratégique...) selon vos besoins
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Publication d'une annonce légale
Publiez un avis de constitution dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social.
Coût : 150€ à 250€ selon le département.
Contenu : Dénomination, forme juridique, capital, siège social, objet social, durée, président, RCS.
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Constitution et dépôt du dossier d'immatriculation
Rassemblez tous les documents nécessaires et déposez-les sur le Guichet Unique (formalites.entreprises.gouv.fr) :
- Statuts signés et paraphés par tous les associés
- Attestation de dépôt du capital
- Rapport du commissaire aux apports (si applicable)
- Attestation de parution dans un JAL
- Déclaration de non-condamnation du président
- Justificatif d'identité du président
- Justificatif de domiciliation du siège social
- Formulaire M0 complété
- Déclaration des bénéficiaires effectifs
- Acte de nomination du président
Frais d'immatriculation : ~40€ pour l'immatriculation au RCS.
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Réception du Kbis et déblocage du capital
Sous 5 à 15 jours ouvrés, vous recevez l'extrait Kbis, la "carte d'identité" officielle de votre SAS. Ce document prouve l'existence juridique de votre société.
Avec le Kbis, vous pouvez :
- Débloquer les fonds du capital social déposés
- Ouvrir un compte bancaire professionnel
- Commencer votre activité officiellement
- Signer des contrats au nom de la société
⏱️ Délai et budget global de création
Délai total : 3 à 8 semaines entre le début des démarches et la réception du Kbis, selon la complexité (notamment rédaction des statuts et pacte d'associés).
Budget global :
- Rédaction des statuts : 300€ à 3 500€ (2 000€ recommandé)
- Pacte d'associés : 500€ à 2 000€ (fortement conseillé)
- Annonce légale : 150€ à 250€
- Frais d'immatriculation : ~40€
- Capital social : 5 000€ à 20 000€ recommandé
- Commissaire aux apports (si besoin) : 500€ à 3 000€
- Divers (domiciliation, assurances...) : 200€ à 500€
Total : Entre 6 700€ et 29 000€ (dont le capital social qui reste dans la société).
Le fonctionnement de la SAS au quotidien
Une fois votre SAS créée, vous devez respecter certaines règles de fonctionnement et obligations pour assurer sa pérennité.
Les organes de direction
Le président (obligatoire)
Le président est le représentant légal de la SAS. Ses pouvoirs et missions sont définis dans les statuts. Par défaut, il peut :
- Engager la société vis-à-vis des tiers
- Signer tous les actes et contrats
- Représenter la société en justice
- Gérer les opérations courantes
Statut social : Le président est assimilé salarié, cotise au régime général de la Sécurité sociale (même sans rémunération).
Le directeur général (facultatif)
Vous pouvez nommer un ou plusieurs directeurs généraux qui assistent le président ou gèrent certains domaines spécifiques (finances, commercial, technique...). Leurs pouvoirs sont définis dans les statuts ou par décision du président.
Autres organes (facultatifs)
La flexibilité de la SAS permet de créer :
- Un conseil d'administration ou conseil de surveillance
- Des comités spécialisés (comité stratégique, comité d'audit, comité de rémunération...)
- Un comité d'investissement (pour les décisions de levée de fonds)
Les assemblées générales
Les associés se réunissent en assemblée générale (AG) pour prendre les décisions importantes. La SAS vous laisse une grande liberté pour organiser ces AG.
L'AG ordinaire annuelle (obligatoire)
Au minimum une fois par an, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice, vous devez tenir une AG ordinaire pour :
- Approuver les comptes annuels
- Affecter le résultat (mise en réserve, distribution de dividendes...)
- Donner quitus au président
L'AG extraordinaire
Pour les décisions importantes modifiant les statuts :
- Modification du capital social
- Changement d'objet social
- Transformation de la société
- Fusion, scission, dissolution...
Modalités d'AG définies librement : Vous décidez dans les statuts des règles de convocation, de quorum, de majorité requise, etc. Exemple : vous pouvez décider qu'une AG extraordinaire nécessite l'unanimité des associés, ou 75%, ou 2/3...
📖 Organisation d'AG personnalisée chez "DataLab SAS"
DataLab SAS compte 4 associés : Alexandre (50%), Léa (25%), Karim (15%), Amélie (10%).
Organisation qu'ils ont définie dans leurs statuts :
- AG ordinaires : Majorité simple (50% + 1 action) → Alexandre peut décider seul
- Décisions stratégiques (embauche dirigeant, investissement > 20K€, ouverture capital) : Majorité qualifiée de 75% → Alexandre a besoin d'au moins un autre associé
- Modifications statutaires : Unanimité requise → Même Amélie avec 10% peut opposer son veto
- AG à distance : Possibilité de voter par visioconférence ou par correspondance
Cette organisation sur-mesure équilibre le pouvoir tout en restant efficace.
La rémunération des dirigeants et associés
Rémunération du président
Le président peut être rémunéré de plusieurs façons :
- Salaire : Charges sociales ~65% du net, déductible du résultat de la société
- Dividendes : Flat tax de 30% ou option pour le barème IR, pas de charges sociales en SAS
- Mix salaire + dividendes : Stratégie d'optimisation la plus courante
Rémunération des autres associés
Les associés non-dirigeants peuvent percevoir :
- Dividendes : Proportionnels à leur participation au capital (sauf actions de préférence)
- Salaire : S'ils sont également salariés de la société
- Intérêts sur compte courant d'associé : S'ils ont fait des avances en trésorerie
📖 Stratégie de rémunération chez "WebCreatif SAS"
Contexte : WebCreatif SAS réalise 300 000€ de CA avec 180 000€ de charges externes. Bénéfice avant rémunération des dirigeants : 120 000€.
Capital : Julie 60%, Antoine 40%.
Option 1 - Tout en salaire :
- Julie (présidente) : 50 000€ brut → 32 500€ net → coût société ~82 500€
- Antoine (salarié) : 30 000€ brut → 19 500€ net → coût société ~49 500€
- Coût total : 132 000€ → déficit de 12 000€ → pas d'IS
- IR sur les salaires nets : ~10 000€ au total
- Revenu net après impôts : ~42 000€ (Julie: ~24K, Antoine: ~18K)
Option 2 - Mix salaire + dividendes (optimisée) :
- Julie : salaire 30 000€ brut (19 500€ net, coût 49 500€) pour valider retraite
- Antoine : salaire 20 000€ brut (13 000€ net, coût 33 000€)
- Coût salarial total : 82 500€
- Résultat comptable : 120 000 - 82 500 = 37 500€
- IS à 15% : 5 625€
- Bénéfice net distribuable : 31 875€
- Distribution : Julie 19 125€, Antoine 12 750€
- Flat tax 30% : Julie 5 738€, Antoine 3 825€
- IR sur salaires : ~3 500€
- Revenu net total : ~54 000€ (Julie: ~32K, Antoine: ~22K)
- Gain par rapport à l'option 1 : 12 000€ (+ 28%)
Conclusion : L'optimisation salaire/dividendes leur fait gagner 12 000€ nets par an tout en validant leurs trimestres de retraite !
Les obligations comptables et fiscales
La SAS est soumise aux mêmes obligations comptables qu'une SARL ou SASU :
Comptabilité obligatoire
- Tenue d'une comptabilité d'engagement complète
- Enregistrement de toutes les opérations
- Établissement des comptes annuels : bilan, compte de résultat, annexes
- Conservation des pièces justificatives pendant 10 ans
Déclarations fiscales
- IS (Impôt sur les Sociétés) : Déclaration annuelle + 4 acomptes provisionnels
- TVA : Déclaration mensuelle ou trimestrielle selon le régime
- CFE : Cotisation Foncière des Entreprises (exonération la 1ère année)
- CVAE : Si CA > 500 000€
Dépôt des comptes annuels
Vous devez déposer vos comptes annuels au greffe dans le mois suivant leur approbation en AG (2 mois si dépôt électronique). Ces comptes deviennent publics.
⚠️ Sanctions en cas de non-dépôt
Le non-dépôt est sanctionné par une amende de 1 500€ (3 000€ en cas de récidive). Le président peut également être condamné à une injonction de déposer sous astreinte journalière.
Le pacte d'associés : indispensable en SAS
Le pacte d'associés (aussi appelé pacte d'actionnaires) est un contrat privé qui complète les statuts de la SAS. Bien qu'il ne soit pas obligatoire légalement, il est INDISPENSABLE pour sécuriser les relations entre associés.
Pourquoi un pacte d'associés est crucial ?
Les statuts de SAS sont déposés au greffe et deviennent publics. Le pacte d'associés reste confidentiel et permet de régler des points sensibles que vous ne souhaitez pas rendre publics :
- Mécanismes de sortie en cas de conflit
- Valorisation des actions en cas de départ
- Clauses de non-concurrence précises
- Engagements de travail et d'implication
- Résolution des litiges (médiation, arbitrage...)
Les clauses essentielles du pacte d'associés
1. Clause de vesting (acquisition progressive)
Particulièrement importante dans les startups. Le vesting prévoit que les actions des fondateurs s'acquièrent progressivement sur une période donnée (typiquement 3 ou 4 ans).
Exemple : Marc et Sarah créent une SAS avec 50/50. Ils prévoient un vesting sur 4 ans avec "cliff" d'1 an. Si Sarah quitte après 6 mois, elle ne conserve aucune action. Si elle part après 2 ans, elle ne garde que 25% de ses actions (50% × 2 ans / 4 ans).
2. Clause de sortie conjointe (tag along)
Si un associé majoritaire reçoit une offre de rachat, les minoritaires peuvent exiger de vendre également leurs actions aux mêmes conditions.
3. Clause de sortie forcée (drag along)
Si un associé majoritaire vend ses actions, il peut obliger les minoritaires à vendre également (évite de bloquer une acquisition).
4. Clause "Buy or Sell" (aussi appelée "Russian Roulette")
En cas de blocage entre associés à 50/50, un associé propose un prix. L'autre doit soit acheter à ce prix, soit vendre à ce prix. Mécanisme radical mais efficace.
5. Droits de préemption
Si un associé veut vendre ses actions, les autres ont un droit de priorité pour les racheter.
6. Clause de non-dilution
Protection des fondateurs en cas de levées de fonds successives.
7. Clauses de non-concurrence et de non-débauchage
Empêcher un associé sortant de concurrencer la société ou débaucher les salariés/clients.
📖 Cas réel : Le pacte d'associés qui a sauvé "DesignPro SAS"
Situation : 3 associés fondateurs : Vincent (40%), Nadia (30%), Tom (30%). Après 2 ans, Tom veut partir car il ne s'entend plus avec Vincent.
Grâce au pacte d'associés bien rédigé :
- Une formule de valorisation était prévue : 3× le bénéfice moyen des 2 dernières années
- Les associés restants ont un droit de préemption de 60 jours
- Une clause de non-concurrence de 2 ans dans un rayon de 50 km
- Un délai de paiement échelonné sur 18 mois était possible
Sans ce pacte : Conflit interminable, blocage de la société, procédure judiciaire coûteuse.
Avec le pacte : Sortie de Tom en 3 mois, société préservée, relations apaisées.
Coût du pacte d'associés : 1 200€. Économie réalisée : probablement 50 000€+ de frais d'avocat et de paralysie de l'activité.
⚠️ Ne créez JAMAIS une SAS sans pacte d'associés
Même si vous êtes amis depuis 20 ans, même si vous êtes en couple, même si "vous vous faites confiance". 80% des conflits entre associés ne sont pas liés à la mauvaise foi, mais à des visions divergentes qui apparaissent avec le temps.
Un bon pacte d'associés, c'est comme un contrat de mariage : on espère ne jamais avoir à l'utiliser, mais on est bien content de l'avoir le jour où on en a besoin.
La levée de fonds en SAS
L'un des grands avantages de la SAS est sa parfaite adaptation à la levée de fonds. C'est d'ailleurs pour cette raison que quasiment toutes les startups choisissent ce statut.
Pourquoi les investisseurs préfèrent la SAS ?
- Flexibilité des actions de préférence : Possibilité de créer des catégories d'actions avec des droits spécifiques (dividende prioritaire, droit de vote renforcé...)
- Cession simplifiée : Droits d'enregistrement à 0,1% (vs 3% en SARL)
- Gouvernance adaptable : Possibilité de créer des sièges d'observateurs, des comités spécialisés...
- Protection des minoritaires : Clauses de protection des investisseurs facilement intégrables
- Exit facilité : Revente des actions plus simple qu'en SARL
Les différents types d'investisseurs
Love Money (famille et amis)
Premières levées informelles auprès de vos proches. Montants : 5 000€ à 50 000€.
Business Angels
Entrepreneurs à succès qui investissent leur argent personnel. Tickets : 10 000€ à 500 000€. Apportent également leur réseau et expertise.
Fonds d'amorçage (Seed)
Fonds spécialisés dans les phases précoces. Tickets : 200 000€ à 2 M€.
Venture Capital (Série A, B, C...)
Fonds de capital-risque pour les phases de croissance. Tickets : 2 M€ à 50 M€+.
Les étapes d'une levée de fonds
-
Préparation
Business plan solide, pitch deck percutant, prévisions financières crédibles, traction démontrée (utilisateurs, CA, KPIs de croissance).
-
Identification des investisseurs cibles
Rechercher les fonds spécialisés dans votre secteur, au bon stade de développement, avec les bons tickets d'investissement.
-
Pitch et négociations
Présentation du projet, discussions sur la valorisation, négociation du term sheet.
-
Due diligence
Audit juridique, financier et technique réalisé par les investisseurs. Durée : 4 à 12 semaines.
-
Signature et closing
Signature du pacte d'actionnaires, modification des statuts, versement des fonds.
📖 Levée de fonds chez "HealthTech SAS"
HealthTech SAS développe une app de téléconsultation. Après 2 ans, ils ont 50 000 utilisateurs actifs et 500K€ de CA.
Situation avant levée :
- Capital : 10 000 actions à 1€ → valorisation 10 000€
- Clara (fondatrice) : 6 000 actions (60%)
- David (cofondateur) : 4 000 actions (40%)
Levée de fonds :
- Ils lèvent 1 M€ auprès d'un fonds VC
- Valorisation pre-money négociée : 4 M€
- Valorisation post-money : 4 M€ + 1 M€ = 5 M€
- L'investisseur entre à hauteur de 1 M€ / 5 M€ = 20% du capital
Nouvelle répartition :
- Clara : 48% (dilution de 60% → 48%)
- David : 32% (dilution de 40% → 32%)
- Fonds VC : 20%
Mécanismes de protection négociés :
- Actions de préférence pour le VC : liquidation préférentielle (remboursé en priorité en cas d'exit)
- Siège d'observateur au conseil d'administration
- Droit de veto sur certaines décisions stratégiques
- Clause anti-dilution en cas de levée ultérieure à une valorisation inférieure
Grâce à la flexibilité de la SAS, tous ces mécanismes ont été facilement intégrés dans les statuts et le pacte d'actionnaires.
Transformer, céder ou fermer une SAS
Transformation de la SAS
Vous pouvez transformer votre SAS en une autre forme juridique si nécessaire :
Transformation en SA (Société Anonyme)
Si vous dépassez 150 salariés ou prévoyez une introduction en bourse. Nécessite au moins 7 associés et un capital minimum de 37 000€.
Transformation en SARL
Rare mais possible. Peut avoir du sens si vous souhaitez un cadre juridique plus strict et moins flexible. Nécessite l'accord unanime des associés.
Cession d'actions
L'un des grands avantages de la SAS est la simplicité de cession des actions :
Procédure de cession
- Offre de cession ou d'achat
- Application des clauses statutaires (agrément, préemption...)
- Signature d'un acte de cession
- Enregistrement aux impôts (droits de 0,1%)
- Mise à jour du registre des mouvements de titres
Fiscalité de la cession
- Droits d'enregistrement : 0,1% du prix de cession
- Plus-value pour le cédant : Flat tax de 30% ou barème progressif de l'IR (avec abattements pour durée de détention possibles)
📖 Sortie d'un associé chez "Mobility SAS"
Situation : Mobility SAS compte 3 associés. Julien (33,33%) souhaite se retirer après 5 ans. La société est valorisée à 1,5 M€.
Valeur de sa participation : 1,5 M€ × 33,33% = 500 000€
Coûts de la cession :
- Droits d'enregistrement : 500 000€ × 0,1% = 500€
- Plus-value : 500 000€ - 3 333€ (apport initial) = 496 667€
- Abattement pour durée de détention (> 2 ans) : 50% si option barème IR
- Si flat tax 30% : 496 667€ × 30% = 149 000€
- Net perçu : ~350 000€
Comparaison avec une SARL :
- Droits d'enregistrement : 500 000€ × 3% = 15 000€
- Différence : 14 500€ économisés grâce à la SAS !
Dissolution et liquidation de la SAS
Si vous souhaitez fermer définitivement votre SAS, la procédure est similaire à celle de la SASU :
- Décision de dissolution en AG extraordinaire
- Nomination d'un liquidateur
- Publication d'une annonce légale de dissolution
- Dépôt du dossier au greffe
- Opérations de liquidation (réalisation de l'actif, paiement des dettes)
- Établissement des comptes de liquidation
- AG de clôture approuvant les comptes
- Publication d'une annonce légale de clôture
- Radiation définitive du RCS
Coût : 600€ à 2 000€ selon la complexité.
Délai : 3 à 9 mois.
Questions fréquentes sur la SAS
💡 Peut-on créer une SAS entre membres d'une même famille ?
Oui, absolument ! La SAS familiale est même très courante. Elle permet de structurer une entreprise familiale avec une gouvernance claire. Points d'attention :
- Prévoir un pacte d'associés encore plus solide pour anticiper les conflits familiaux
- Définir clairement les rôles de chacun
- Anticiper la transmission (donation, succession...)
- Possibilité de créer un holding familial qui détient la SAS
💡 Combien d'associés maximum dans une SAS ?
Il n'y a aucun maximum ! Vous pouvez avoir 2, 10, 50, 100 associés ou plus. Cependant, au-delà de 100 associés, certaines règles supplémentaires s'appliquent et il peut être préférable de transformer en SA (Société Anonyme).
💡 Peut-on être gérant d'une SARL et président d'une SAS ?
Oui ! Vous pouvez cumuler plusieurs mandats sociaux. Vous serez alors :
- TNS pour votre mandat de gérant de SARL
- Assimilé salarié pour votre mandat de président de SAS
- Vous cotiserez aux deux régimes (coût élevé mais double protection)
💡 Quelle différence entre actions ordinaires et actions de préférence ?
Les actions de préférence sont une spécificité puissante de la SAS. Elles permettent de créer différentes catégories d'actions avec des droits spécifiques :
- Actions à dividende prioritaire : Reçoivent les dividendes en premier
- Actions à droit de vote multiple : Une action = 2 ou 10 voix
- Actions à droit de vote plafonné : Limite le pouvoir d'un investisseur
- Actions sans droit de vote : Pour financer sans diluer le pouvoir
Utilité : Équilibrer pouvoir économique et pouvoir décisionnel. Par exemple, un fondateur peut détenir 30% du capital mais garder 51% des droits de vote grâce à des actions à vote double.
💡 Un mineur peut-il être associé d'une SAS ?
Oui, un mineur peut être associé d'une SAS (détenir des actions), mais :
- Il ne peut PAS être président (le président doit être majeur)
- Il doit être représenté par son représentant légal (parent, tuteur) pour les AG
- Sa responsabilité est limitée au montant de son apport
Usage fréquent : Transmission d'entreprise familiale, donation-partage d'actions aux enfants.
💡 Faut-il un commissaire aux comptes en SAS ?
Le commissaire aux comptes est obligatoire si vous dépassez 2 des 3 seuils suivants :
- Total bilan > 4 millions €
- Chiffre d'affaires HT > 8 millions €
- Nombre de salariés > 50
Également obligatoire si votre SAS contrôle ou est contrôlée par une autre société.
Coût : 3 000€ à 10 000€/an selon la taille de l'entreprise.
Les erreurs à éviter en SAS
❌ Erreur n°1 : Créer une SAS sans pacte d'associés
C'est l'erreur la plus courante et la plus grave. 80% des conflits entre associés auraient pu être évités avec un bon pacte d'associés. N'économisez pas les 1 500€ de rédaction, ils peuvent vous faire économiser 100 000€ de litiges.
❌ Erreur n°2 : Des statuts trop génériques
Utiliser un modèle trouvé sur internet sans l'adapter à votre situation spécifique. Les statuts de SAS doivent être sur-mesure pour exploiter toute la flexibilité du statut.
❌ Erreur n°3 : Répartir le capital 50/50 sans arbitre
Un 50/50 peut sembler équitable, mais crée un risque de blocage en cas de désaccord. Solutions : désigner un président avec voix prépondérante, prévoir un mécanisme de résolution de conflit, ou légèrement déséquilibrer (51/49).
❌ Erreur n°4 : Oublier les clauses de départ d'un associé
Ne pas prévoir ce qui se passe si un associé veut partir, tombe malade, décède, ou doit être exclu. Le pacte d'associés doit absolument couvrir ces scénarios.
❌ Erreur n°5 : Négliger la valorisation initiale
Démarrer avec un capital trop faible (1€) ou mal valoriser les apports en nature. Cela pose problème lors des futures levées de fonds ou entrées d'investisseurs.
❌ Erreur n°6 : Donner le même pouvoir à tous les associés
Si tous les associés ont exactement les mêmes droits et que toutes les décisions requièrent l'unanimité, votre SAS sera paralysée à la première divergence. Équilibrez pouvoir économique et pouvoir décisionnel.
Conclusion : La SAS est-elle faite pour vous ?
La SAS est le statut idéal si vous réunissez ces conditions :
- Vous êtes au moins 2 associés avec une vision commune et complémentaire
- Vous avez un projet ambitieux avec un potentiel de croissance significatif
- Vous souhaitez une flexibilité maximale dans l'organisation de votre société
- Vous prévoyez potentiellement de lever des fonds auprès d'investisseurs
- Vous êtes prêts à investir dans des statuts et un pacte d'associés professionnels
- Vous acceptez les contraintes administratives et les coûts de fonctionnement
- Vous privilégiez une protection sociale optimale pour le dirigeant
La SAS n'est probablement pas adaptée si :
- Vous êtes seul → optez pour la SASU
- Vous avez un projet à faible potentiel de croissance → la SARL peut suffire
- Vous souhaitez minimiser les charges sociales du dirigeant → SARL avec gérant majoritaire (TNS)
- Vous n'avez pas le budget pour des statuts professionnels → commencez en SARL, plus encadrée
Le mot de la fin : La SAS est un formidable outil entrepreneurial, mais sa flexibilité est une arme à double tranchant. Elle nécessite d'être bien conseillé et de bien anticiper les scénarios d'évolution de votre projet. Investissez dans un bon avocat dès le départ, c'est l'assurance d'une aventure entrepreneuriale sereine et fructueuse !
🎯 Checklist avant de créer votre SAS
- ✓ J'ai trouvé des associés partageant ma vision
- ✓ Nous avons défini clairement les rôles de chacun
- ✓ La répartition du capital est équitable et réfléchie
- ✓ J'ai budgété 3 000€ à 5 000€ pour des statuts et un pacte d'associés professionnels
- ✓ Nous avons anticipé les scénarios de sortie d'associés
- ✓ J'ai identifié un expert-comptable de confiance
- ✓ Je connais mes obligations fiscales et sociales
- ✓ Nous avons défini une gouvernance claire
- ✓ J'ai prévu une trésorerie suffisante pour les 6 premiers mois
- ✓ Nous avons consulté un avocat spécialisé en droit des sociétés
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