La SARL : Guide Complet 2025

La SARL : Guide Complet 2025

Tout savoir sur la Société à Responsabilité Limitée, le statut rassurant et éprouvé pour entreprendre à plusieurs

La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est la forme juridique historique et traditionnelle pour créer une entreprise à plusieurs en France. Créée en 1925, elle a fait ses preuves pendant près d'un siècle et reste aujourd'hui l'une des structures les plus choisies, notamment dans les secteurs traditionnels (commerce, artisanat, services...). Encadrée strictement par la loi, elle offre sécurité et stabilité aux entrepreneurs. Ce guide complet vous révèle tout ce qu'il faut savoir sur la SARL pour réussir votre projet entrepreneurial.

25%
des créations de sociétés en France
2 à 100
associés possibles
1€
de capital minimum légal

Qu'est-ce qu'une SARL ?

La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est une forme de société commerciale particulièrement adaptée aux PME et entreprises familiales. Elle se caractérise par un cadre juridique strict et sécurisant, défini précisément par le Code de commerce.

Définition et caractéristiques principales

La SARL est une société de personnes et de capitaux qui permet à 2 à 100 associés de créer ensemble une entreprise tout en limitant leur responsabilité au montant de leurs apports. Si vous êtes seul, vous devez créer une EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), qui est simplement une SARL avec un seul associé.

Contrairement à la SAS qui offre une grande liberté statutaire, la SARL est strictement encadrée par la loi. Cette caractéristique rassure les associés car les règles sont claires, prévisibles et testées depuis des décennies. Il y a moins de place à l'interprétation ou aux mauvaises surprises.

💡 SARL vs EURL : quelle différence ?

L'EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) est une SARL avec un seul associé. Les règles de fonctionnement sont identiques, seul le nombre d'associés change. Si un second associé entre dans une EURL, elle devient automatiquement une SARL.

Les caractéristiques clés de la SARL

  • De 2 à 100 associés maximum : Personnes physiques ou morales. Au-delà de 100 associés, transformation obligatoire en SA.
  • Responsabilité limitée aux apports : Le patrimoine personnel des associés est protégé (sauf faute de gestion avérée).
  • Gérant(s) obligatoire(s) : Obligatoirement choisi(s) parmi les associés (maximum 3 gérants en SARL).
  • Statut social du gérant variable : TNS si gérant majoritaire, assimilé salarié si gérant minoritaire ou égalitaire.
  • Capital social minimum de 1€ : Mais 5 000€ à 10 000€ recommandés pour la crédibilité.
  • Cadre juridique strict : Règles de fonctionnement définies par la loi, peu de liberté statutaire.
  • Parts sociales : Le capital est divisé en parts sociales (et non en actions comme en SAS).
  • Fiscalité à l'IS par défaut : Avec possibilité temporaire d'opter pour l'IR sous conditions (familiale).
  • Cession de parts encadrée : Procédure stricte avec agrément des associés et droits d'enregistrement de 3%.

📖 Exemple concret : Création de "Boulangerie Delorme SARL"

Situation : Jean (boulanger) et son fils Pierre (pâtissier) reprennent ensemble une boulangerie. Ils hésitent entre SARL et SAS.

Leur choix : la SARL, voici pourquoi :

  • Répartition du capital : Jean 60%, Pierre 40%
  • Gérant majoritaire : Jean devient gérant majoritaire → statut TNS avec charges sociales réduites (~45% vs ~65% en SAS)
  • Cadre rassurant : La loi définit clairement les règles de fonctionnement, pas besoin de tout prévoir dans les statuts
  • Image traditionnelle : Pour une boulangerie familiale, la SARL inspire confiance aux fournisseurs et à la banque
  • Transmission familiale facilitée : Jean prévoit de transmettre progressivement ses parts à Pierre (donation-partage avantageuse en SARL familiale)
  • Pas d'ambition de levée de fonds : Ils ne prévoient pas d'ouvrir leur capital à des investisseurs externes

Résultat : La SARL est parfaitement adaptée à leur projet familial traditionnel. Jean économise ~10 000€/an en charges sociales par rapport à une SAS, et le cadre juridique stable les rassure.

Le statut du gérant : majoritaire, minoritaire ou égalitaire

L'une des particularités essentielles de la SARL réside dans le statut social du gérant, qui varie selon sa participation au capital. Cette distinction a des conséquences majeures sur les charges sociales et la protection sociale.

Gérant majoritaire (statut TNS)

Un gérant est considéré comme majoritaire s'il détient, seul ou avec son conjoint/partenaire de PACS et ses enfants mineurs, plus de 50% des parts sociales.

Statut social : TNS (Travailleur Non Salarié)

Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs indépendants (SSI - Sécurité Sociale des Indépendants). Concrètement :

  • Charges sociales : Environ 45% du revenu net (vs ~65% pour un assimilé salarié)
  • Cotisations minimales : Environ 1 200€/an même sans rémunération
  • Protection sociale : Bonne mais inférieure au régime général (indemnités journalières limitées, retraite moins avantageuse)
  • Pas d'assurance chômage : Comme tous les TNS
  • Dividendes taxés : Au-delà de 10% du capital social, les dividendes sont soumis aux charges sociales (45%)

📖 Calcul charges sociales gérant majoritaire

Patrick, gérant majoritaire (60%) d'une SARL de plomberie :

Il se verse une rémunération annuelle de 50 000€.

  • Rémunération : 50 000€
  • Charges sociales (45%) : 22 500€
  • Coût total pour la SARL : 72 500€
  • Revenu net : 50 000€ (les charges sont déjà déduites)
  • IR selon barème progressif : ~8 000€
  • Revenu net après impôts : 42 000€

+ Dividendes : La SARL réalise 30 000€ de bénéfice après IS. Patrick décide de se distribuer 20 000€ de dividendes.

  • Capital social : 10 000€, Patrick détient 6 000€ (60%)
  • 10% du capital : 600€ → seuil de 600€ non soumis aux charges sociales
  • Au-delà : 20 000 - 600 = 19 400€ soumis aux charges sociales TNS (45%)
  • Charges sociales sur dividendes : 8 730€
  • Flat tax 30% sur 20 000€ : 6 000€
  • Dividendes nets perçus : 20 000 - 8 730 - 6 000 = 5 270€

Total revenu net annuel : 42 000 + 5 270 = 47 270€

Gérant minoritaire ou égalitaire (statut assimilé salarié)

Un gérant est minoritaire s'il détient moins de 50% des parts, ou égalitaire s'il détient exactement 50% (en cogérance).

Statut social : Assimilé salarié

Le gérant minoritaire ou égalitaire relève du régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié classique :

  • Charges sociales : Environ 65% du salaire net (plus élevé qu'un TNS)
  • Pas de cotisations minimales : Si pas de rémunération, pas de charges
  • Protection sociale : Excellente (régime général complet)
  • Pas d'assurance chômage : Malgré le statut assimilé salarié
  • Dividendes non taxés aux charges sociales : Contrairement au gérant majoritaire, flat tax uniquement

📖 Calcul charges sociales gérant minoritaire

Sophie, gérante minoritaire (40%) d'une SARL de conseil :

Elle se verse un salaire mensuel net de 3 000€ (36 000€/an).

  • Salaire net souhaité : 36 000€/an
  • Charges sociales (~65% du net) : 23 400€
  • Coût total pour la SARL : 59 400€
  • IR selon barème : ~5 000€
  • Revenu net après impôts : 31 000€

+ Dividendes : La SARL distribue 25 000€ de dividendes. Sophie reçoit 40% = 10 000€.

  • Pas de charges sociales sur les dividendes (gérant minoritaire)
  • Flat tax 30% : 3 000€
  • Dividendes nets : 7 000€

Total revenu net annuel : 31 000 + 7 000 = 38 000€

Coût pour la société : 59 400€ (vs 72 500€ pour Patrick en gérant majoritaire avec même revenu brut)

Comparatif gérant majoritaire vs minoritaire

Critère Gérant majoritaire Gérant minoritaire/égalitaire
Participation au capital > 50% (avec famille) ≤ 50%
Statut social TNS (Travailleur Non Salarié) Assimilé salarié
Charges sociales ~45% du revenu ~65% du salaire net
Cotisations minimales ~1 200€/an même sans rémunération Aucune si pas de rémunération
Protection sociale SSI (correcte mais limitée) Régime général (excellente)
Retraite SSI (moins avantageuse) CNAV + Agirc-Arrco (meilleure)
Indemnités journalières Limitées après 7 jours de carence Complètes dès 3 jours de carence
Assurance chômage Non Non
Dividendes > 10% capital Soumis aux charges sociales (45%) Non soumis aux charges sociales
Avantage coût Charges moins élevées (économie immédiate) Meilleure protection (investissement long terme)

🎯 Comment choisir entre gérant majoritaire et minoritaire ?

Choisissez gérant majoritaire si :

  • Vous voulez minimiser les charges sociales et garder plus de trésorerie
  • Vous êtes en bonne santé et l'écart de protection sociale vous importe peu
  • Vous privilégiez le pouvoir décisionnel (majorité = contrôle total)
  • Vous n'avez pas besoin d'une couverture sociale maximale

Choisissez gérant minoritaire si :

  • Vous privilégiez une protection sociale optimale (santé, retraite)
  • Vous voulez optimiser les dividendes sans charges sociales
  • Vous n'avez pas besoin de la majorité absolue (gouvernance partagée)
  • Vous préférez cotiser au régime général pour une meilleure retraite

Avantages et inconvénients de la SARL

La SARL présente des atouts indéniables, notamment pour les projets traditionnels et les entreprises familiales, mais aussi quelques limites à bien comprendre.

✅ Les avantages majeurs

  • Cadre juridique sécurisant : Règles clairement définies par la loi depuis 1925, jurisprudence abondante et prévisible.
  • Charges sociales réduites : ~45% pour un gérant majoritaire (vs ~65% en SAS), économie significative sur le long terme.
  • Protection du patrimoine personnel : Responsabilité limitée aux apports pour tous les associés.
  • Image rassurante et traditionnelle : Particulièrement appréciée dans les secteurs classiques (commerce, artisanat, BTP).
  • SARL de famille fiscalement avantageuse : Option pour l'IR possible sans limite de durée si tous associés sont parents en ligne directe ou frères/sœurs.
  • Transmission facilitée : Donation-partage de parts sociales avec abattements fiscaux intéressants (100 000€ par enfant tous les 15 ans).
  • Stabilité de l'actionnariat : Cession de parts strictement encadrée, empêche les entrées/sorties impromptues.
  • Capital social libre : Minimum légal de 1€, mais 5 000€ recommandé pour la crédibilité.
  • Adaptée aux PME et entreprises familiales : Structure idéale pour les projets à taille humaine sans ambition de levée de fonds.
  • Fiscalité des dividendes avantageuse : Pour un gérant minoritaire, dividendes non soumis aux charges sociales (contrairement au gérant majoritaire au-delà de 10% du capital).

⚠️ Les inconvénients à considérer

  • Manque de flexibilité : Cadre légal strict, peu de liberté dans l'organisation de la gouvernance (vs SAS).
  • Cession de parts complexe : Procédure lourde avec agrément obligatoire, délai de réponse de 3 mois, droits d'enregistrement à 3% (vs 0,1% en SAS).
  • Maximum 100 associés : Au-delà, transformation obligatoire en SA (Société Anonyme).
  • Gérant obligatoirement associé : Impossible de nommer un tiers comme gérant (contrairement à la SAS).
  • Dividendes taxés pour gérant majoritaire : Au-delà de 10% du capital, les dividendes sont soumis aux charges sociales TNS (45%).
  • Image moins moderne : Peut être perçue comme "vieillotte" par certains investisseurs ou dans les secteurs innovants.
  • Levée de fonds difficile : Structure peu attractive pour les investisseurs en capital-risque qui préfèrent largement la SAS.
  • Formalisme strict des AG : Convocations, quorums, majorités imposés par la loi, moins de souplesse.
  • Cotisations minimales TNS : Le gérant majoritaire paie ~1 200€/an minimum même sans rémunération.

📖 La SARL est-elle adaptée à votre projet ?

✅ La SARL est recommandée si :

  • Vous créez une entreprise familiale ou entre associés de confiance sur le long terme
  • Vous êtes dans un secteur traditionnel (commerce, artisanat, services aux particuliers, BTP...)
  • Vous souhaitez minimiser les charges sociales du dirigeant (gérant majoritaire)
  • Vous privilégiez un cadre juridique stable et prévisible
  • Vous ne prévoyez pas de levée de fonds auprès d'investisseurs externes
  • Vous envisagez une transmission familiale à moyen terme
  • Vous voulez une stabilité de l'actionnariat (pas d'entrées/sorties fréquentes)

❌ La SARL n'est pas idéale si :

  • Vous prévoyez une levée de fonds auprès de business angels ou fonds d'investissement
  • Vous voulez une grande flexibilité dans la gouvernance et l'organisation
  • Vous êtes dans un secteur innovant (tech, startup, digital) où l'image compte
  • Vous prévoyez des entrées/sorties fréquentes d'associés (cession de parts lourde et coûteuse)
  • Vous avez plus de 100 associés potentiels
  • Vous voulez nommer un gérant non-associé

Créer une SARL : guide complet étape par étape

La création d'une SARL suit un processus bien défini. Voici toutes les étapes pour créer votre société dans les règles.

  1. Réunion des associés et validation du projet

    Organisez une réunion avec tous les futurs associés pour :

    • Valider la viabilité du projet (étude de marché, business plan)
    • Définir la répartition du capital entre associés
    • Fixer le montant du capital social (recommandé : 5 000€ à 15 000€)
    • Déterminer les apports de chacun : numéraire (argent), nature (matériel, véhicule...) ou industrie (savoir-faire)
    • Choisir le ou les gérant(s) (maximum 3)
    • Définir si gérance majoritaire, minoritaire ou égalitaire
  2. Choix du nom de la société

    Choisissez la dénomination sociale de votre SARL et vérifiez sa disponibilité sur le site de l'INPI. Assurez-vous également que le nom de domaine correspondant est disponible (.fr, .com).

    Conseil : Protégez votre nom en déposant une marque (coût : ~250€). Cela vous protège contre l'utilisation de votre nom par des concurrents.

  3. Rédaction des statuts

    Les statuts sont le document fondateur de votre SARL. Contrairement à la SAS, les statuts de SARL sont relativement standardisés car le Code de commerce impose de nombreuses règles.

    Mentions obligatoires :

    • Forme juridique (SARL)
    • Dénomination sociale
    • Siège social (adresse précise)
    • Objet social (description détaillée de l'activité)
    • Durée de la société (maximum 99 ans)
    • Montant du capital social
    • Nombre et valeur nominale des parts sociales
    • Apports de chaque associé
    • Identité des gérant(s)
    • Modalités de fonctionnement des assemblées

    Clauses facultatives courantes :

    • Clause d'agrément renforcée : Conditions strictes pour accepter un nouvel associé
    • Clause de préemption : Priorité aux associés existants en cas de cession
    • Clause d'inaliénabilité temporaire : Interdiction de vendre ses parts pendant X années
    • Clause d'exclusion : Conditions et modalités pour exclure un associé

    Options de rédaction :

    • Modèle en ligne : Gratuit mais générique (0€)
    • Expert-comptable : Statuts adaptés (400€ à 1 000€)
    • Avocat : Statuts sur-mesure avec conseils (800€ à 2 000€)
    • Plateforme juridique : Bon compromis (200€ à 600€)
  4. Nomination du/des gérant(s)

    Désignez formellement le ou les gérants de la SARL (maximum 3). Important :

    • Le gérant doit obligatoirement être un associé (personne physique)
    • Déterminez si gérant majoritaire, minoritaire ou égalitaire (impact sur le statut social)
    • Précisez l'étendue de ses pouvoirs dans les statuts
    • La nomination peut se faire dans les statuts ou par acte séparé
  5. Constitution et dépôt du capital social

    Les associés qui font des apports en numéraire doivent déposer les fonds :

    • Auprès d'une banque
    • Chez un notaire
    • À la Caisse des Dépôts et Consignations

    Vous recevez une attestation de dépôt des fonds. Les fonds seront débloqués après immatriculation.

    Important : Vous devez libérer au minimum 20% du capital à la création en SARL (vs 50% en SAS). Le solde peut être libéré dans les 5 ans.

  6. Évaluation des apports en nature

    Si un associé apporte un bien (véhicule, matériel, brevet, fonds de commerce...), cet apport doit être évalué par un commissaire aux apports (sauf si tous les apports en nature < 30 000€ et apports nature < 50% du capital, avec accord unanime des associés pour y renoncer).

    Coût : 500€ à 3 000€ selon la complexité.

  7. Publication d'une annonce légale

    Publiez un avis de constitution dans un journal d'annonces légales (JAL) du département du siège social.

    Coût : 150€ à 250€.

    Contenu : Dénomination, forme juridique, capital, siège social, objet social, durée, gérant(s), RCS.

  8. Constitution du dossier d'immatriculation

    Rassemblez tous les documents et déposez-les sur le Guichet Unique (formalites.entreprises.gouv.fr) :

    • Statuts signés par tous les associés
    • Attestation de dépôt du capital
    • Rapport du commissaire aux apports (si applicable)
    • Attestation de parution dans un JAL
    • Déclaration de non-condamnation du/des gérant(s)
    • Justificatif d'identité du/des gérant(s)
    • Justificatif de domiciliation du siège social
    • Formulaire M0 complété
    • Déclaration des bénéficiaires effectifs
    • Acte de nomination du/des gérant(s) (si non dans les statuts)

    Frais d'immatriculation : ~40€ au RCS.

  9. Réception du Kbis et déblocage des fonds

    Sous 5 à 15 jours, vous recevez l'extrait Kbis, preuve de l'existence légale de votre SARL. Avec le Kbis, vous pouvez :

    • Débloquer le capital social déposé
    • Ouvrir un compte bancaire professionnel
    • Commencer officiellement votre activité
    • Signer des contrats au nom de la société
  10. Démarches complémentaires

    Une fois la SARL créée :

    • Ouvrir un compte bancaire professionnel
    • Souscrire une assurance RC professionnelle
    • S'inscrire à une caisse de retraite complémentaire
    • Adhérer à un centre de gestion agréé (CGA) - optionnel mais recommandé
    • Déclarer l'embauche du gérant s'il est rémunéré

⏱️ Délai et budget de création

Délai total : 2 à 6 semaines entre le début des démarches et la réception du Kbis.

Budget global :

  • Rédaction des statuts : 0€ à 2 000€ (800€ recommandé)
  • Annonce légale : 150€ à 250€
  • Frais d'immatriculation : ~40€
  • Capital social : 5 000€ à 15 000€ recommandé
  • Commissaire aux apports (si besoin) : 500€ à 3 000€
  • Divers (domiciliation, frais bancaires...) : 200€ à 500€

Total : Entre 6 000€ et 21 000€ (dont le capital social qui reste dans la société).

📖 Création de "Menuiserie Dubois SARL"

Contexte : Paul (menuisier) et son frère Luc (commercial) créent une menuiserie familiale.

  • Semaine 1-2 : Validation du projet, business plan, répartition du capital (Paul 55%, Luc 45%), Paul sera gérant majoritaire
  • Semaine 3 : Rédaction des statuts avec leur expert-comptable (coût : 600€), capital fixé à 10 000€
  • Semaine 4 : Dépôt du capital (10 000€) à la banque, réception de l'attestation
  • Semaine 5 : Publication de l'annonce légale (coût : 180€), constitution du dossier
  • Semaine 6 : Dépôt sur le Guichet Unique, paiement des frais (40€)
  • Semaine 7 : Réception du Kbis, déblocage des fonds, ouverture du compte pro

Coût total pour Paul et Luc : 10 820€ (dont 10 000€ de capital récupérable).

Avantage gérant majoritaire : Paul économisera environ 8 000€/an en charges sociales par rapport à un statut assimilé salarié en SAS.

Le fonctionnement de la SARL au quotidien

Une fois votre SARL créée, vous devez respecter des règles de fonctionnement strictement définies par la loi.

La gérance de la SARL

Pouvoirs du gérant

Le gérant de SARL dispose de pouvoirs étendus pour gérer la société au quotidien :

  • Représenter la société vis-à-vis des tiers
  • Signer tous les contrats et actes
  • Embaucher et licencier
  • Engager les dépenses courantes
  • Représenter la société en justice

Limites : Certaines décisions importantes nécessitent l'accord des associés en AG (augmentation de capital, modification de l'objet social, fusion, dissolution...).

Cogérance

En SARL, vous pouvez nommer plusieurs gérants (maximum 3 recommandé). Ils agissent soit :

  • Conjointement : Toutes les décisions nécessitent l'accord de tous les gérants (sécurisant mais risque de blocage)
  • Solidairement : Chaque gérant peut agir seul (plus fluide mais plus risqué)

Les assemblées générales (AG)

Les associés de SARL se réunissent en assemblée générale pour prendre les décisions importantes. Les règles sont strictement encadrées par la loi.

AG ordinaire annuelle (obligatoire)

Au moins une fois par an, dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice :

  • Approbation des comptes annuels
  • Affectation du résultat (réserves, dividendes...)
  • Quitus de gestion au gérant

Convocation : Le gérant doit convoquer les associés au moins 15 jours avant l'AG (LRAR ou email avec accusé de réception).

Quorum : Aucun quorum requis en première convocation. Si seconde convocation nécessaire, aucun quorum non plus.

Majorité : Décisions prises à la majorité des parts détenues par les associés présents ou représentés.

AG extraordinaire

Pour les décisions modifiant les statuts :

  • Modification du capital social (augmentation ou réduction)
  • Changement de dénomination sociale
  • Modification de l'objet social
  • Transformation de la société
  • Dissolution anticipée

Quorum : 1ère convocation : ¼ des parts. 2ème convocation : 1/5 des parts (si non atteint, report possible).

Majorité : 2/3 des parts détenues par les associés présents ou représentés.

📖 AG ordinaire chez "Garage Martin SARL"

Garage Martin SARL compte 3 associés : Eric (50%), Julie (30%), Thomas (20%).

Déroulement de l'AG annuelle :

  • 15 jours avant : Eric (gérant) convoque les associés par email avec AR
  • Documents joints : Bilan, compte de résultat, rapport de gestion, projet d'affectation du résultat
  • Jour J : Réunion des 3 associés
  • Vote 1 : Approbation des comptes → vote à la majorité simple → approuvé (Eric 50% + Julie 30% = 80%)
  • Vote 2 : Distribution de 30 000€ de dividendes → approuvé à 80% (Thomas vote contre mais minoritaire)
  • Vote 3 : Quitus au gérant Eric → approuvé à l'unanimité
  • PV d'AG : Eric rédige le procès-verbal d'assemblée, tous signent

Répartition des dividendes : Eric 15 000€, Julie 9 000€, Thomas 6 000€.

La rémunération en SARL

Rémunération du gérant

Le gérant peut percevoir :

  • Rémunération fixe : Décidée en AG ou dans les statuts
  • Dividendes : Selon sa participation au capital (avec charges sociales si gérant majoritaire et > 10% du capital)
  • Avantages en nature : Véhicule, téléphone, logement... (soumis à charges sociales)
  • Compte courant d'associé : Prêt à la société avec intérêts déductibles (taux plafonné)

Rémunération des associés non-gérants

Les associés qui ne sont pas gérants peuvent recevoir :

  • Dividendes : Proportionnels à leur participation (flat tax 30% uniquement, pas de charges sociales)
  • Salaire : S'ils sont également salariés de la SARL
  • Intérêts sur compte courant : S'ils ont prêté de l'argent à la société

📖 Optimisation fiscale chez "Conseil Pro SARL"

Contexte : Conseil Pro SARL, 2 associés : Martine (60%, gérante majoritaire), Olivier (40%, associé non-gérant). Bénéfice annuel : 100 000€.

Stratégie 1 - Tout en salaire pour Martine :

  • Salaire Martine : 70 000€
  • Charges sociales TNS (45%) : 31 500€
  • Coût société : 101 500€ → déficit de 1 500€
  • Olivier ne perçoit rien
  • Total net (après IR) : ~55 000€ pour Martine, 0€ pour Olivier

Stratégie 2 - Mix salaire + dividendes (optimisée) :

  • Salaire Martine : 35 000€ (valide retraite)
  • Charges sociales : 15 750€
  • Coût salarial : 50 750€
  • Résultat : 100 000 - 50 750 = 49 250€
  • IS à 15% : 7 388€
  • Bénéfice net : 41 862€
  • Distribution de 35 000€ en dividendes : Martine 21 000€ (60%), Olivier 14 000€ (40%)

Fiscalité dividendes Martine (gérante majoritaire) :

  • Capital : 10 000€ → 10% = 1 000€
  • Part non soumise aux charges : 600€ (60% de 1 000€)
  • Part soumise aux charges TNS : 21 000 - 600 = 20 400€
  • Charges sociales (45%) : 9 180€
  • Flat tax 30% sur 21 000€ : 6 300€
  • Dividendes nets Martine : 21 000 - 9 180 - 6 300 = 5 520€

Fiscalité dividendes Olivier (associé non-gérant) :

  • Pas de charges sociales (associé non-gérant)
  • Flat tax 30% sur 14 000€ : 4 200€
  • Dividendes nets Olivier : 14 000 - 4 200 = 9 800€

Résultat final :

  • Martine : 35 000€ (salaire) - charges - IR + 5 520€ (dividendes) = ~28 000€ net
  • Olivier : 9 800€ net
  • Total : ~37 800€ nets (vs 55 000€ tout en salaire, mais Olivier perçoit quelque chose)

Conclusion : La taxation des dividendes du gérant majoritaire au-delà de 10% du capital rend cette stratégie moins avantageuse qu'en SAS. C'est l'un des principaux inconvénients de la SARL pour un gérant majoritaire.

Les obligations comptables et fiscales

Comme toute société commerciale, la SARL est soumise à des obligations comptables et fiscales strictes :

Comptabilité obligatoire

  • Tenue d'une comptabilité d'engagement complète
  • Enregistrement chronologique de toutes les opérations
  • Établissement des comptes annuels (bilan, compte de résultat, annexes)
  • Conservation des justificatifs pendant 10 ans

Déclarations fiscales

  • IS : Déclaration annuelle (formulaire 2065) + 4 acomptes provisionnels
  • TVA : Déclaration mensuelle, trimestrielle ou annuelle selon le régime
  • CFE : Cotisation Foncière des Entreprises (exonération année de création)
  • CVAE : Si CA > 500 000€

Dépôt des comptes annuels

Les comptes annuels doivent être déposés au greffe dans le mois suivant l'AG d'approbation (2 mois si dépôt électronique). Ils deviennent publics et consultables.

Exception : Les "petites" SARL (< 700 000€ de total bilan, < 1,4M€ de CA, < 10 salariés) peuvent demander la confidentialité des comptes (seule l'administration fiscale y aura accès).

⚠️ Ne négligez pas vos obligations

Le non-dépôt des comptes est sanctionné par une amende de 1 500€ (3 000€ en cas de récidive). Le gérant peut être condamné à une injonction de déposer sous astreinte. Cette situation nuit gravement à votre crédibilité auprès des partenaires et banques.

La cession de parts sociales en SARL

La cession de parts sociales en SARL est strictement encadrée par la loi et les statuts. C'est l'une des différences majeures avec la SAS où la cession d'actions est beaucoup plus libre.

Procédure de cession

Cession entre associés

La cession de parts entre associés est libre, sauf clause contraire dans les statuts. Procédure simplifiée :

  1. Signature d'un acte de cession
  2. Enregistrement aux impôts (droits de 3%)
  3. Notification à la société
  4. Mise à jour du registre des associés

Cession à un tiers (non-associé)

La cession à un tiers nécessite l'agrément des associés (sauf clause contraire) :

  1. Notification du projet : Le cédant notifie aux associés et au gérant son intention de céder (LRAR)
  2. Convocation d'une AG : Dans les 8 jours, le gérant convoque une AG
  3. Vote des associés : Majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales
  4. Délai de réponse : 3 mois maximum. Passé ce délai sans réponse = agrément réputé acquis
  5. Si refus : Les associés ou la société doivent racheter les parts au prix fixé (expertise possible si désaccord)
  6. Si accord : Signature de l'acte de cession, enregistrement aux impôts

Fiscalité de la cession

Droits d'enregistrement

Le cessionnaire (acheteur) paie des droits d'enregistrement de 3% du prix de cession. C'est beaucoup plus élevé qu'en SAS (0,1%).

📖 Exemple de cession : Sortie d'un associé

Laurent, associé à 25% de "Électricité Plus SARL", souhaite se retirer. La société est valorisée à 400 000€.

Valeur de sa participation : 400 000€ × 25% = 100 000€

Procédure de cession à un tiers (nouveau candidat) :

  • Semaine 1 : Laurent notifie son projet aux autres associés par LRAR
  • Semaine 2 : AG convoquée pour voter l'agrément du candidat acheteur
  • Semaine 3 : AG tenue, vote à la majorité → agrément accordé
  • Semaine 4 : Signature de l'acte de cession
  • Semaine 5 : Enregistrement aux impôts

Coûts de la cession :

  • Droits d'enregistrement (3%) : 100 000€ × 3% = 3 000€ (payés par l'acheteur)
  • Plus-value pour Laurent : 100 000€ - 2 500€ (apport initial) = 97 500€
  • Flat tax 30% : 97 500€ × 30% = 29 250€
  • Net perçu par Laurent : 100 000 - 29 250 = 70 750€

Comparaison avec une SAS :

  • Droits d'enregistrement en SAS : 100 000€ × 0,1% = 100€
  • Économie de 2 900€ pour l'acheteur si c'était une SAS !

Plus-value du cédant

Le cédant (vendeur) est imposé sur sa plus-value :

  • Flat tax de 30% (12,8% IR + 17,2% prélèvements sociaux)
  • OU option pour le barème progressif de l'IR avec abattements pour durée de détention

Cession à la famille

La cession de parts à des membres de la famille bénéficie d'un régime spécifique :

  • Pas d'agrément requis en ligne directe (parents/enfants) ou entre conjoints
  • Droits d'enregistrement réduits dans certains cas (donation-partage)
  • Abattements fiscaux en cas de donation (100 000€ par enfant tous les 15 ans)

SARL de famille : un régime fiscal avantageux

La SARL de famille est un régime fiscal spécifique et très avantageux pour les entreprises familiales. Il permet d'opter pour l'impôt sur le revenu (IR) au lieu de l'impôt sur les sociétés (IS).

Conditions pour être une SARL de famille

Pour bénéficier de ce régime, tous les associés doivent être :

  • Parents en ligne directe (parents, enfants, petits-enfants...)
  • Frères et sœurs
  • Conjoints ou partenaires de PACS des personnes ci-dessus

💡 Exemple de compositions valables

  • ✅ Père + mère + 2 enfants
  • ✅ 3 frères et sœurs
  • ✅ Grand-père + fils + petit-fils
  • ✅ 2 sœurs + leurs conjoints respectifs
  • ❌ Père + fils + cousin (cousin pas en ligne directe)
  • ❌ 2 frères + un ami (ami non apparenté)

Avantages de la SARL de famille à l'IR

1. Pas de double imposition

En SARL classique à l'IS, il y a une double imposition :

  • 1ère imposition : IS sur les bénéfices (15% ou 25%)
  • 2ème imposition : Flat tax ou IR sur les dividendes distribués

En SARL de famille à l'IR :

  • Une seule imposition : Les bénéfices sont directement imposés à l'IR de chaque associé selon leur quote-part
  • Pas d'IS, pas de flat tax sur les dividendes

2. Déduction des déficits

Les déficits de la SARL viennent réduire le revenu global des associés, ce qui diminue leur impôt sur le revenu. Impossible en SARL à l'IS (les déficits ne sont imputables que sur les bénéfices futurs de la société).

3. Plus-values professionnelles avantageuses

En cas de cession de l'entreprise, les plus-values bénéficient du régime des plus-values professionnelles avec abattements pour durée de détention :

  • 50% d'abattement après 2 ans de détention
  • 65% après 8 ans
  • Exonération totale possible après 8 ans si CA < 250 000€ et valeur < 1 M€

4. Transmission facilitée

La transmission de parts dans le cadre familial bénéficie de droits de succession réduits et d'abattements généreux (100 000€ par enfant tous les 15 ans, renouvelables).

📖 Comparaison IS vs IR pour une SARL familiale

"Plomberie Durand" SARL, père (60%) + 2 fils (20% chacun). Bénéfice annuel : 120 000€.

Option 1 - SARL classique à l'IS :

  • Bénéfice : 120 000€
  • IS (42 500 × 15% + 77 500 × 25%) : 25 750€
  • Bénéfice net après IS : 94 250€
  • Distribution en dividendes : Père 56 550€, Fils 1 : 18 850€, Fils 2 : 18 850€
  • Flat tax 30% : Père 16 965€, Fils 1 : 5 655€, Fils 2 : 5 655€
  • Total net perçu : 65 320€ (39 585€ + 13 195€ + 13 195€)
  • Impôts payés : 54 680€ (IS + flat tax)

Option 2 - SARL de famille à l'IR :

  • Bénéfice : 120 000€ réparti selon les parts
  • Père (60%) : 72 000€ de revenus → IR ~18 000€
  • Fils 1 (20%) : 24 000€ de revenus → IR ~3 000€
  • Fils 2 (20%) : 24 000€ de revenus → IR ~3 000€
  • Total IR : 24 000€
  • Total net disponible : 96 000€
  • Économie fiscale : 30 680€ par rapport à l'IS !

Conclusion : Dans cet exemple, la SARL de famille à l'IR permet d'économiser plus de 30 000€ d'impôts par an. L'économie varie selon les TMI (Taux Marginaux d'Imposition) de chaque associé.

Inconvénients de l'option IR

L'option pour l'IR n'est pas toujours avantageuse :

  • Imposition même sans distribution : Chaque associé est imposé sur sa quote-part de bénéfice, même si rien n'est distribué
  • TMI élevés pénalisants : Si les associés ont des TMI élevés (41% ou 45%), l'IS peut être plus intéressant
  • Pas de lissage fiscal : En IR, les bénéfices sont imposés chaque année. En IS, on peut lisser via les réserves

Règle générale : L'option IR est avantageuse si la somme des TMI des associés < 30-35%. Au-delà, l'IS devient plus intéressant.

Transformer, céder ou dissoudre une SARL

Transformation de la SARL

Vous pouvez transformer votre SARL en une autre forme juridique si votre projet évolue :

Transformation en SAS

De plus en plus fréquent, notamment pour lever des fonds ou assouplir la gouvernance. Conditions :

  • Décision en AG extraordinaire (2/3 des parts)
  • Intervention d'un commissaire à la transformation (évalue l'actif net)
  • Rédaction de nouveaux statuts de SAS
  • Publication d'une annonce légale
  • Dépôt au greffe

Coût : 1 000€ à 3 000€.

Conséquence : Le gérant majoritaire TNS devient président assimilé salarié → changement de statut social et augmentation des charges.

Transformation en SA

Obligatoire si vous dépassez 100 associés. Nécessite un capital minimum de 37 000€ et au moins 7 actionnaires.

Cession totale de la SARL

Deux options pour "vendre" votre SARL :

Cession de parts sociales

Vente des parts sociales à un repreneur qui devient associé. Procédure décrite précédemment (agrément, droits de 3%).

Cession du fonds de commerce

Vente du fonds de commerce (clientèle, matériel, droit au bail...) sans céder les parts. La SARL reste propriété des associés mais n'a plus d'activité. Elle peut ensuite être dissoute ou mise en sommeil.

Dissolution et liquidation de la SARL

Si vous souhaitez fermer définitivement votre SARL :

  1. Décision de dissolution en AG extraordinaire (2/3 des parts)
  2. Nomination d'un liquidateur (souvent un gérant)
  3. Publication d'une annonce légale de dissolution
  4. Dépôt du dossier au greffe
  5. Opérations de liquidation (réalisation de l'actif, paiement des dettes)
  6. Établissement des comptes de liquidation
  7. AG de clôture approuvant les comptes
  8. Publication d'une annonce de clôture
  9. Radiation définitive du RCS

Coût : 600€ à 2 000€.

Délai : 3 à 9 mois.

⚠️ Alternative : la mise en sommeil

Si vous ne voulez pas fermer définitivement mais simplement mettre en pause votre activité, vous pouvez mettre votre SARL en sommeil (cessation temporaire d'activité). Avantages :

  • Pas de dissolution coûteuse
  • Obligations comptables allégées
  • Possibilité de reprendre l'activité facilement
  • Durée maximale : 2 ans renouvelable

Inconvénient : Le gérant majoritaire continue de payer les cotisations minimales TNS (~1 200€/an).

Questions fréquentes sur la SARL

💡 Peut-on cumuler SARL et salariat ?

Oui ! Le gérant de SARL (majoritaire ou minoritaire) peut tout à fait être salarié dans une autre entreprise. Points d'attention :

  • Vérifier qu'il n'y a pas de clause d'exclusivité dans votre contrat de travail
  • S'assurer que votre SARL ne concurrence pas votre employeur
  • Respecter votre obligation de loyauté envers votre employeur
  • Le gérant majoritaire cotisera aux deux régimes (TNS + salarié)

💡 Faut-il un commissaire aux comptes en SARL ?

Le commissaire aux comptes est obligatoire si vous dépassez 2 des 3 seuils suivants :

  • Total bilan > 4 millions €
  • Chiffre d'affaires HT > 8 millions €
  • Nombre de salariés > 50

Également obligatoire si la SARL contrôle ou est contrôlée par une autre société (groupe).

Coût : 2 500€ à 8 000€/an selon la taille.

💡 Peut-on avoir plusieurs gérants en SARL ?

Oui, vous pouvez nommer jusqu'à 3 gérants (plus est possible mais déconseillé). Ils peuvent agir :

  • Conjointement : Signature à 2 (ou tous) obligatoire pour les actes importants
  • Solidairement : Chaque gérant peut agir seul

Statut social : Chaque gérant est évalué individuellement (majoritaire, minoritaire ou égalitaire) en cumulant ses propres parts + celles de son conjoint/PACS + enfants mineurs.

💡 Un étranger peut-il être associé ou gérant d'une SARL ?

Oui, sans restriction pour être associé. Pour être gérant :

  • Ressortissant UE : pas de restriction
  • Ressortissant hors UE : nécessite une carte de séjour "commerçant" ou autorisation préfectorale

💡 SARL ou SCI pour l'immobilier ?

Pour de l'investissement locatif classique, préférez la SCI (Société Civile Immobilière) :

  • Fiscalité plus souple (IR par défaut)
  • Transmission facilitée
  • Pas de TVA sur les loyers

La SARL peut convenir pour :

  • Marchand de biens (achat-revente)
  • Location meublée professionnelle (LMP)
  • Promotion immobilière

💡 Peut-on transformer une EURL en SARL ?

Oui, c'est automatique dès l'entrée d'un second associé ! Il suffit de :

  • Céder une partie des parts ou augmenter le capital
  • Modifier les statuts pour passer de "EURL" à "SARL"
  • Publier une annonce légale
  • Déposer au greffe

Coût : ~400€ (annonce + greffe).

Les erreurs à éviter en SARL

❌ Erreur n°1 : Devenir gérant majoritaire sans mesurer l'impact

Devenir gérant majoritaire (> 50% des parts) entraîne automatiquement le statut TNS avec cotisations minimales annuelles (~1 200€) même sans rémunération. De plus, les dividendes au-delà de 10% du capital sont taxés aux charges sociales. Anticipez bien cette fiscalité !

❌ Erreur n°2 : Ne pas prévoir de clause d'agrément stricte

Sans clause d'agrément renforcée dans les statuts, un associé peut céder ses parts à des tiers que vous ne connaissez pas. Pire encore : entre associés, la cession est libre par défaut ! Sécurisez vos statuts avec des clauses protectrices.

❌ Erreur n°3 : Oublier les cotisations minimales TNS

Beaucoup de gérants majoritaires découvrent avec stupeur qu'ils doivent payer ~1 200€/an de cotisations sociales minimum même sans se rémunérer. Provisionnez cette somme dès la création.

❌ Erreur n°4 : Confondre SARL et SCI

Pour un projet immobilier locatif classique, la SCI est quasi toujours plus adaptée que la SARL. La SARL convient surtout pour de l'activité commerciale (marchand de biens, LMP). Faites-vous bien conseiller selon votre projet.

❌ Erreur n°5 : Opter pour l'IR sans calcul préalable

L'option IR en SARL de famille peut être très avantageuse... ou désastreuse selon les TMI des associés. Si les TMI dépassent 30-35%, l'IS est souvent plus intéressant. Faites simuler par un expert-comptable avant d'opter.

❌ Erreur n°6 : Négliger le pacte d'associés

Même si la SARL est très encadrée par la loi, un pacte d'associés reste utile pour prévoir les situations conflictuelles (départ, exclusion, valorisation...). Ne le négligez pas, surtout si vous n'êtes pas en famille.

Conclusion : La SARL est-elle faite pour vous ?

La SARL reste en 2025 une valeur sûre pour créer une entreprise à plusieurs, particulièrement dans les secteurs traditionnels et les projets familiaux. Son cadre juridique stable et sécurisant, associé à des charges sociales réduites pour le gérant majoritaire, en fait un choix judicieux pour de nombreux entrepreneurs.

✅ Choisissez la SARL si :

  • Vous créez une entreprise familiale ou entre proches de confiance
  • Vous êtes dans un secteur traditionnel (commerce, artisanat, services, BTP...)
  • Vous souhaitez minimiser les charges sociales du dirigeant
  • Vous privilégiez un cadre juridique clair et sécurisant
  • Vous ne prévoyez pas de levée de fonds externe
  • Vous envisagez une transmission familiale
  • Vous appréciez la stabilité de l'actionnariat

❌ Optez plutôt pour une SAS si :

  • Vous prévoyez une levée de fonds auprès d'investisseurs
  • Vous êtes dans un secteur innovant (tech, startup, digital)
  • Vous voulez une flexibilité maximale de gouvernance
  • Vous anticipez des entrées/sorties fréquentes d'associés
  • Vous avez plus de 100 associés potentiels

Le mot de la fin : La SARL est comme une voiture familiale fiable et éprouvée. Elle n'a peut-être pas le glamour d'une sportive (la SAS), mais elle vous emmènera loin, en sécurité, avec des coûts maîtrisés. Pour 95% des PME et entreprises familiales françaises, c'est le choix le plus raisonnable et le plus pérenne.

🎯 Checklist avant de créer votre SARL

  • ✓ J'ai trouvé des associés de confiance (idéalement famille ou proches)
  • ✓ La répartition du capital est claire et acceptée par tous
  • ✓ J'ai déterminé qui sera gérant et si majoritaire/minoritaire
  • ✓ J'ai budgété 1 500€ à 3 000€ pour les frais de création
  • ✓ J'ai prévu 5 000€ à 15 000€ de capital social
  • ✓ Nous avons anticipé les clauses d'agrément et de cession
  • ✓ J'ai identifié un expert-comptable compétent
  • ✓ Je connais mes obligations fiscales et sociales
  • ✓ J'ai calculé les cotisations minimales (si gérant majoritaire)
  • ✓ Nous avons réfléchi à un pacte d'associés (même en famille)

Besoin d'aide pour créer votre SARL ?

ExpertMalin vous accompagne dans le choix du statut juridique adapté à votre projet et vous guide dans toutes vos démarches. Nous vous aidons également à financer vos formations professionnelles via le CPF, l'AIRE et autres dispositifs de financement.

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